Oui, les contrats aidés sont utiles. Non, ils ne sont pas inefficaces !

Associations du centre de Paris, nous avons recours aux emplois aidés pour assurer nos missions d’intérêt général.

Qu’il s’agisse de créer de la convivialité, de permettre de se nourrir à prix très raisonnable, d’améliorer la propreté de nos quartiers, d’embellir l’environnement de celles et ceux qui y vivent, ou de donner à toutes et tous l’accès à l’informatique et aux technologies du numérique, les salariés qui font vivre nos structures bénéficient aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, de contrats partiellement pris en charge par la puissance publique.

La décision brutale annoncée au mois d’août par Murielle Pénicaud, Ministre du Travail, a entraîné le gel immédiat de tout nouvel agrément : depuis plusieurs semaines, Pôle Emploi refuse systématiquement toute demande de contrat unique d’insertion ou d’emploi d’avenir, qu’elle vise à créer un emploi supplémentaire ou à renouveler un contrat existant !

À court terme, comme cela a été expliqué par le Premier ministre, le nombre de ces contrats sera fortement diminué et ils seront exclusivement concentrés sur trois secteurs : le handicap, les seniors et l’urgence sanitaire et sociale.

Cette orientation nous paraît à la fois injuste, contre-productive et lourde de menaces pour le monde associatif.

Injuste parce qu’elle se fonde sur l’idée que les dispositifs de contrats aidés seraient inefficaces. La vérité est toute autre. Dans le monde associatif en particulier, les contrats aidés permettent à des personnes souvent éloignées de l’emploi et parfois désocialisées de reprendre une activité régulière, de se former, d’acquérir de nouvelles compétences et de retrouver un cadre de vie digne et décent. Il ne s’agit donc certainement pas d’assistanat.  70% des personnes en contrat aidés dans le secteur associatif retrouvent ensuite un emploi dans l’économie classique.

Contre-productive, parce qu’elle pénalisera d’abord les personnes les plus précaires et les plus éloignées de l’emploi et que l’économie réalisée est nulle. Il ne coûte pas plus cher à l’État de prendre en charge jusqu’à 46%  du montant du contrat unique d’insertion que d’indemniser un/e bénéficiaire du RSA. Et il est beaucoup plus pertinent de contribuer au financement de parcours d’insertion que de renvoyer ou de maintenir les gens dans la précarité.

Lourde de menaces, enfin, parce que, sans ces contrats aidés, nos associations risquent de ne plus pouvoir se développer, ou pire, de devoir stopper leurs activités. Nos missions relèvent de l’intérêt collectif. Elles contribuent à la cohésion sociale et au vivre ensemble. Si nous ne sommes plus en mesure de les assurer, qui prendra notre place ? À ce jour, aucune alternative n’a été proposée.

Après avoir décidé de supprimer, sans dispositif compensatoire, la réserve parlementaire, dont bénéficiaient de nombreuses associations,  le gouvernement porte un nouveau coup très dur au dynamisme associatif qui est l’une des forces de notre pays.

Nous demandons donc au Président de la République, au Premier Ministre et à la Ministre du Travail de revenir sur leur décision et de maintenir les enveloppes des contrats aidés, au bénéfice de nos associations, de leurs salarié/es, et de l’ensemble de nos concitoyen/nes !

Signataires : Régie de quartier Paris centre, Troisième café

Signez-la-petition

 

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